7 février 2012

Tout va bien STOP

Ça manque d’activité ici, je n’ai pas le temps de tout réécrire donc je vous colle un e-mail que j’ai envoyé à mes ex-profs de bac pro, qui cherchent des récits pour les élèves actuels en quête d’une orientation post-bac.

Des choses déjà vues ici mais j’y parle un peu plus de ma formation, et je résume un peu l’expérience jusqu’à maintenant.

À part ça pas de nouvelles bonnes nouvelles, j’ai eu mon premier semestre avec brio, les vacances en France ont été fort appréciées, le second semestre est entamé à bonne vitesse, j’ai même commencé la recherche d’appart’ pour l’an prochain — j’essaierai de reposter bientôt avec des photos de St. Andrews où je vais dans deux semaines, et puis peut-être d’autres nouvelles quand il y en aura… see ya!

Message du 01/02/12 à 18h51
De : “Victor Loux” 
A : … 
Copie à : …
Objet : De ce côté de la Manche…

hello!
…bon, mieux vaut tard que jamais ?

voici mon récit de post-bac à l’étranger, pour ceux que ça pourrait encore intéresser.

J’ai passé mon bac pro en juin 2011 et je suis actuellement dans un cursus de 4 ans (qui équivaut à peu près une licence) nommé BSc (Hons)* Digital Interaction Design ; en Écosse, dans une ville appelée Dundee, et un cadre d’études particulier puisqu’il s’agit d’une école d’art (DJCAD**) intégrée dans une université.


Je commence par le sujet : littéralement « design d’interaction numérique », couvre un champ du design appelé design d’interaction (souvent abrégé en IxD par les professionnels)

C’est une discipline relativement nouvelle qui a pour objectif de concevoir des expériences interactives.
Le design d’interaction s’intéresse à la création d’expériences utiles et significatives
entre nous (humains) et la technologie (d’où le synonyme « interaction homme-machine »).

Plus concrètement, il s’agit de réfléchir à la conception de toute interface
reliant des personnes et des objets numériques,
qu’il s’agisse d’interfaces classiques clavier-souris (sites web, applications), d’écrans tactiles (applications pour téléphones et tablettes) ou même d’objets physiques.

Ma formation s’articule donc autour de beaucoup de thèmes différents :
pas uniquement du graphisme mais aussi de l’ergonomie, de l’accessibilité, et de l’ethnographie du design (analyse du comportement des utilisateurs) et en parallèle, de la programmation informatique (développement de sites Web HTML/CSS/PHP, développement iOS, Java) mais aussi, j’en reviens aux objets physiques, un peu de design produit et de l’électronique.

C’est donc un cursus extrêmement varié et, de fait, très intéressant.
Une particularité du design d’interaction est que le prototypage est au centre de sa méthodologie ; on apprend donc des processus de création légèrement différents, et cela prend du temps.

Concernant les débouchés il faut savoir que, honnêtement, il y en a peu,
mais c’est une discipline nouvelle qui s’étend peu à peu.
Plus la technologie se démocratise, plus l’utilisateur s’attend à être satisfait et à avoir une bonne expérience avec ces produits.
Un certain nombre de grandes entreprises ont donc des labos de recherche et développement qui engage des designers d’interaction, mais elles ne sont pas légion (Google, Apple, Microsoft, Nokia, etc.)

Cependant il faut savoir que vu la diversité des compétences acquises il est très facile de trouver du boulot dans une branche légèrement différente (web, graphisme) et que par ailleurs même si la demande est encore faible, l’offre l’est aussi (il y a 14 écoles dans le monde proposant cette discipline au niveau post-bac, 44 niveau master).


Concernant les études à l’étranger, il faut savoir que c’est beaucoup de préparation et de travail, mais que ça en vaut vraiment la peine — l’expérience est vraiment géniale et je ne regrette pas une seule seconde.

Il faut s’y prendre à l’avance au niveau des formalités, parfois l’inscription étant beaucoup plus tôt (au Royaume-Uni la fin des inscriptions est le 15 janvier, à cette date en France admission post-bac n’est pas encore ouvert…) et il y a parfois beaucoup de différences au niveau des lettres de motivations etc.

Pour la majorité de ceux qui liront ça j’imagine cependant qu’il est déjà trop tard, mais pensez à Erasmus si vous voulez tenter l’expérience, c’est possible en fac et école d’art, ou pourquoi pas en second cycle (master / licence pro après un diplôme en France).

Au niveau de la langue, pour ne rien vous cacher il vous faut des bases très solides et pratiquer la langue au-delà de ce qu’on vous apprend en cours.
Mais une fois dans le bain, quelques mois sur place, vous serez très vite à l’aise… pensez surtout à pratiquer l’oral, c’est mon erreur (je n’ai fait que lire des bouquins et écrire sur le net); regardez des films en VO sous-titrés dans la langue d’origine, puis sans sous-titres, essayez des clubs de discussion… il vous faudra un minimum pour comprendre les cours au début, puis à force de discussion vous serez plus à l’aise pour parler et comprendre les gens.

Du point de vue financier sachez qu’en Europe vous avez le droit aux mêmes bourses qu’en France, planifiez bien et mettez de l’argent de côté si vous travaillez l’été, mais en général le coût de la vie est sensiblement le même, à part le trajet ça ne coûte pas vraiment plus cher d’étudier à l’étranger.

et dernière chose : la pluie constante en Écosse, c’est un mythe ! :)

C’est à peu près tout ce que j’ai à dire,
que ce mail soit utile aux futures générations de CG / CV et qu’il génère d’autres “aventuriers” ; si vous avez une question quelconque mes coordonnées sont en-dessous, je serais ravi de vous répondre.

À bientôt [ou „bis bald“, puisqu’il me semble que les TCG sont à Berlin en ce moment ?]
Victor

—-

* BSc (Hons) = Bachelor of Science with Honours
** Duncan of Jordanstone College of Art & Design = École d’art et de design Duncan of Jordanstone

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